En bref
En 2026, une campagne FOOH (fake out-of-home) produite par un studio se situe entre 4 000 € pour un test simple et 200 000 € pour une plateforme de marque déclinée sur plusieurs villes. Le cœur du marché, un objet héros modélisé sur mesure, un plan réel tourné sur place et une finition qui tient la seconde d'illusion, se situe entre 10 000 et 40 000 €. Des offres à 2 000 ou 3 000 € existent, chez des freelances ou en vidéo générative : elles n'achètent pas la même chose. Le budget part presque entièrement dans la création : contrairement à l'affichage, il n'y a aucun espace média à louer.
Demandez trois devis FOOH la semaine prochaine. Vous recevrez 4 000 €, 20 000 € et 70 000 €. Pour, en apparence, la même chose : une vidéo verticale de douze secondes où un objet géant surgit dans une rue.
Ce n'est pas de l'opportunisme. C'est que le mot « FOOH » recouvre trois métiers différents, vendus au même nom. Voici comment lire un devis, ce que chaque euro achète, et le calcul de rentabilité que presque personne ne fait avant de signer.
Les sept postes d'un devis FOOH
Un FOOH n'est pas un rendu 3D. C'est une mini-production, avec un tournage, une post-production et une chaîne de validation. Décomposé, un devis honnête contient sept lignes.
- ◆Concept et direction artistique : ce que ça achète L'idée, le lieu, le mouvement, le storyboard, fourchette 3 000 à 12 000 €
- ◆Tournage du plan réel (la plaque) : ce que ça achète Repérage, autorisation, opérateur, relevé de données caméra, fourchette 2 500 à 12 000 €
- ◆Modélisation et look dev : ce que ça achète L'objet héros, ses matières, sa lumière, fourchette 4 000 à 20 000 €
- ◆Animation et simulation : ce que ça achète Le mouvement, les fluides, les tissus, la foule, fourchette 3 000 à 30 000 €
- ◆Compositing et étalonnage : ce que ça achète Fondre le faux dans le vrai : le poste qui décide de tout, fourchette 4 000 à 20 000 €
- ◆Sound design : ce que ça achète Le son qui rend la scène crédible en une demi-seconde, fourchette 1 000 à 4 000 €
- ◆Déclinaisons : ce que ça achète Formats, langues, marchés, versions courtes, fourchette 600 à 2 000 € par version
Deux remarques. La première : le tournage du plan réel, la « plaque » en jargon VFX, cette vidéo du lieu dans laquelle l'objet sera intégré, est le poste le plus souvent sous-estimé, et le plus souvent responsable d'un rendu qui « sent le faux ». Un plan tourné à l'iPhone, sans relevé de focale ni de mouvement caméra, oblige le studio à deviner. Devinez, et l'illusion casse.
La seconde : le compositing, dernier maillon, est celui que les devis low-cost rabotent en premier. C'est aussi le seul qui vous achète la fameuse seconde de doute.
La grille 2026 : quatre paliers
Dans le marché, quatre niveaux se dessinent nettement. Les fourchettes ci-dessous correspondent à ce que nous voyons passer en France et en Europe pour une production en studio. Elles recoupent les grilles publiques des agences FOOH (le plus souvent 5 000 à 15 000 € et plus en France, 6 000 à 20 000 £ au Royaume-Uni, pour un asset unique) et les dépassent dès qu'il faut un plan réel tourné sur mesure ou une simulation lourde.
- ◆Le test : ce que vous obtenez Un cadre fixe, un objet simple, un plan réel existant ou en stock, peu d'itérations, budget 4 000 à 10 000 €, délai 1 à 2 semaines
- ◆Le standard : ce que vous obtenez Objet héros modélisé, plan réel tourné sur mesure, animation propre, un lieu, finition sérieuse, budget 10 000 à 40 000 €, délai 2 à 4 semaines
- ◆Le premium : ce que vous obtenez Simulation (fluide, tissu, foule), lieu iconique avec autorisation, plusieurs plans, déclinaisons multi-marchés, budget 30 000 à 90 000 €, délai 3 à 5 semaines
- ◆La plateforme : ce que vous obtenez Série de scènes, plusieurs villes, asset 3D réutilisable, intégration à une campagne 360, budget 60 000 à 200 000 €, délai 4 à 8 semaines
Un mot sur les délais, parce qu'ils déterminent le prix autant que la complexité. Un studio sérieux compte environ deux semaines pour un asset unique, une fois l'idée figée, trois ou quatre quand le lieu ou l'animation se compliquent. Comprimez à une semaine, et vous ne payez pas moins cher : vous payez plus, parce que trois artistes travaillent en parallèle au lieu d'un en séquence.
Le calcul que personne ne fait
Ce passage est le moins agréable à lire. C'est aussi le plus utile.
Le FOOH est vendu comme un média gratuit. « Pas d'achat d'espace, diffusion 100 % organique, portée mondiale. » Tout cela est vrai. Ce qui l'est moins, c'est la conclusion qu'on en tire : que le FOOH serait structurellement moins cher qu'un média classique.
Faites le calcul. D'après le FOOH Report 2026 de FOOH.com, la vidéo FOOH médiane plafonne autour de 184 000 vues. Prenez un budget standard de 20 000 €. Coût pour mille vues : environ 109 €. À titre de comparaison, un CPM en DOOH programmatique se situe le plus souvent entre 3 et 30 $ selon l'emplacement et le réseau.
- ◆~184 000 : vues en médiane pour une vidéo FOOH (FOOH Report 2026, FOOH.com)
- ◆~109 € : coût pour mille vues d'un FOOH médian produit à 20 000 €
- ◆3 à 30 $ : CPM d'un DOOH programmatique selon l'emplacement
Maintenant, refaites le calcul avec un FOOH qui marche. Cinq millions de vues, même budget : le CPM tombe à 4 €. Et sur les campagnes qui deviennent culturelles, les sacs géants de Jacquemus ont dépassé 48 millions de vues sur Instagram, le coût par vue ne veut plus rien dire.
Le FOOH n'est pas un média bon marché. C'est un média à variance élevée. Ce que vous achetez, ce ne sont pas des vues : c'est un billet de loterie dont la qualité de la créa fixe les probabilités.
Cette phrase devrait figurer sur tous les devis. Elle change complètement la façon de budgéter. Si votre FOOH est un pari, l'erreur n'est pas de mettre trop d'argent dedans. C'est d'en mettre juste assez pour le rater proprement. Un FOOH à 5 000 € qui fait 40 000 vues n'est pas une économie. C'est 5 000 € perdus, plus le temps de six personnes.
À budget égal : FOOH ou affichage réel
La question arrive toujours, alors mettons les deux colonnes côte à côte. Voici ce que 20 000 € achètent en 2026, selon les grilles publiques du marché français.
- ◆Ce que 20 000 € paient : Deux à trois semaines d'abribus sur un réseau ciblé autour de vos points de vente, ou une campagne métro de quinze jours sur une centaine de faces : Un asset CGI complet, tourné, animé, fini, décliné en plusieurs formats
- ◆Durée de vie : La durée du contrat. Après, le panneau change d'annonceur : Illimitée. La vidéo reste en ligne, l'asset 3D se réutilise
- ◆Portée : Garantie, mesurable, locale : Non garantie, potentiellement mondiale
- ◆Risque : Faible. Vous savez ce que vous achetez : Élevé. Vous achetez une probabilité
- ◆Actif résiduel : Aucun : Un modèle 3D, un plan réel du lieu, un univers de marque
À Paris, sur les grilles publiques des revendeurs d'espace, un réseau de dix faces grand format dans un arrondissement se loue autour de 5 000 € HT la semaine, un abribus premium peut dépasser 4 000 € la semaine, et une campagne métro démarre vers 3 000 à 5 000 € pour quinze jours sur une quarantaine de faces, hors impression, avant de grimper avec le nombre de faces et de stations. L'affichage vous vend une certitude locale. Le FOOH vous vend un actif et une chance. Ce ne sont pas les mêmes achats, et les opposer n'a pas grand sens : les meilleures campagnes utilisent le FOOH comme étincelle sociale, puis l'affichage réel pour ancrer.
Les cinq lignes qui font exploser un budget
Ce sont rarement les 3D qui font déraper un devis. Ce sont les angles morts.
1. Les allers-retours de validation
Chaque round de retours coûte des jours. Un studio inclut généralement deux à trois itérations. Au-delà, la facture grimpe, et vite. La parade tient en une phrase : validez le storyboard, pas le rendu final. Corriger une idée coûte une heure, corriger un rendu coûte une semaine.
2. Les autorisations de tournage
Filmer devant un monument, utiliser un drone, poser un trépied sur une place classée : chacun de ces gestes a un formulaire, un délai et un tarif. Comptez de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, et surtout des semaines de calendrier.
3. Le lieu iconique
Un carrefour anonyme et la place de la Concorde ne coûtent pas la même chose à reconstruire. Plus le lieu est reconnaissable, plus le spectateur le connaît, et plus la moindre erreur de perspective ou de lumière saute aux yeux. Le prestige du décor se paie en heures de compositing.
4. Les droits
Musique, voix, présence d'un talent, marques tierces visibles à l'image. Un FOOH qui devient viral est un FOOH qu'on regarde de près.
5. La vie d'après
Un FOOH qui décolle génère des commentaires, des reprises, des demandes presse. Personne ne budgète le community management des 72 heures qui suivent. C'est pourtant là que se joue une partie du bénéfice de marque.
Où l'IA change (et ne change pas) l'addition
La question revient dans tous les briefs de 2026 : est-ce que l'IA fait baisser les prix ?
Oui, sur un point précis. En amont, elle raccourcit la phase la plus incertaine et la plus coûteuse en réunions : l'exploration. Chez Digiteyes, nous générons des intentions visuelles, des ambiances lumineuses, des moodboards et des pré-visualisations avant de lancer la production. Ce qui prenait une semaine d'allers-retours prend deux jours. Sur un budget standard, cela représente quelques milliers d'euros économisés, et surtout une décision créative prise plus tôt, donc mieux.
Non, sur le reste. Le livrable final d'un FOOH sérieux reste fabriqué en 3D et en compositing, plan par plan, par des artistes. Pour une raison simple : la vidéo générative ne sait pas encore tenir un objet de marque stable, aux bonnes proportions, avec le bon logo, sur douze secondes et sous plusieurs angles. Elle produit du plausible. Un FOOH a besoin d'exact. Les clips FOOH « tout IA » à quelques centaines d'euros existent, et se repèrent en une demi-seconde. Ce n'est pas une position idéologique, c'est un constat de production.
Comment cadrer votre budget en trois questions
Avant de demander un devis, répondez à ceci. Vous gagnerez du temps, et de l'argent.
Votre objet est-il héroïsable ? Un flacon, une sneaker, un sac, une bouteille : oui. Un service, une offre bancaire, un logiciel : beaucoup plus dur, et donc beaucoup plus cher, parce qu'il faut inventer un objet avant de le modéliser.
Le FOOH est-il un coup ou un territoire ? Si c'est un coup unique, restez dans le standard et mettez tout dans la créa. Si c'est un territoire de marque que vous comptez décliner, payez le palier au-dessus dès le premier asset : un modèle 3D bien construit se réutilise pendant des années, un modèle bâclé se refait à chaque campagne.
Qu'est-ce qui vaut le succès ? Si un million de vues vaut 100 000 € de notoriété pour vous, un budget de 20 000 € est raisonnable. Si ça n'en vaut que 10 000, ne faites pas de FOOH. Faites de l'affichage : au moins, vous saurez ce que vous achetez.
Questions fréquentes
- ◆Combien coûte une campagne FOOH en 2026 ? De 4 000 € pour un test simple à 200 000 € pour une plateforme de marque multi-villes, en production studio. Le cœur du marché, un objet héros modélisé sur mesure avec plan réel tourné sur place et finition professionnelle, se situe entre 10 000 et 40 000 €. Le budget part dans la création, pas dans l'achat d'espace.
- ◆Le FOOH est-il moins cher que l'affichage classique ? Pas nécessairement. Il n'y a pas de coût média, mais la portée n'est pas garantie. Un FOOH médian atteint environ 184 000 vues, soit un coût pour mille vues d'environ 109 € sur un budget de 20 000 €, bien au-dessus d'un CPM DOOH. En revanche, un FOOH qui réussit fait s'effondrer ce coût, et laisse un actif 3D réutilisable là où l'affichage ne laisse rien.
- ◆Quel est le poste le plus coûteux dans un FOOH ? Cela dépend du projet, mais deux postes concentrent le risque : l'animation avec simulation (fluides, tissus, foule), qui peut monter à 30 000 €, et le compositing, qui décide si l'illusion tient. Le tournage du plan réel, la plaque, est le poste le plus souvent sous-estimé, et la première cause d'un rendu qui trahit le faux.
- ◆Combien de temps faut-il pour produire un FOOH ? Environ deux à quatre semaines pour un asset unique, une fois l'idée validée. Une à deux semaines pour un test simple, jusqu'à deux mois pour une série multi-villes. Comprimer les délais ne réduit pas le coût, cela l'augmente.
- ◆Peut-on faire un FOOH entièrement avec de l'IA générative ? Techniquement oui, et cela coûte quelques centaines d'euros. Mais la vidéo générative ne tient pas encore un objet de marque stable, avec les bonnes proportions et le bon logo, sur toute la durée d'un plan. Le résultat se repère instantanément et fait plus de mal que de bien à une marque premium. L'IA est aujourd'hui excellente en amont, pour explorer et prévisualiser.
Vous voulez chiffrer votre projet ?
Digiteyes conçoit des FOOH et de la CGI premium pour les marques et les agences exigeantes, de l'idée au master. Envoyez-nous votre objet, votre lieu et votre échéance, nous vous renvoyons une fourchette argumentée : contact@digiteyes.fr.
Sources
- ◆FOOH.com · FOOH Report 2026 (vues médianes, volumes de production, 4 500 vidéos analysées)
- ◆DOOH Marketing · DOOH Statistics 2026 (CPM programmatique 3 à 30 $, part du DOOH)
- ◆OAAA · Out of Home Advertising Revenue Reaches Record 9,46 Md$ (croissance OOH et DOOH)
- ◆Adintime · Publicité dans le métro et réseaux d'affichage à Paris (2026) (grilles publiques indicatives : métro, réseaux grand format, abribus, hors impression)





