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Vos assets sont-ils en sécurité dans les IA ?
IA & création

Vos assets sont-ils en sécurité dans les IA ?

2026-10-26•8 min read

En bref

Un fichier confidentiel collé dans un chatbot grand public peut servir à entraîner le modèle, et y rester des années. Les versions gratuites de ChatGPT et de Claude apprennent de vos échanges par défaut. Les offres entreprise et les API, non : elles s'engagent contractuellement à ne pas entraîner sur vos données, avec rétention zéro possible. Le risque, ce n'est donc pas l'IA. C'est l'IA grand public utilisée sans cadre. Un studio sérieux traite vos assets sous NDA, dans un environnement no-train, et garde l'IA en amont, jamais sur le livrable final.

Un directeur artistique colle le packaging de votre prochain parfum dans un chatbot, un dimanche soir, pour « voir ce que ça donnerait » en 3D. Le produit n'est pas encore lancé. Le brief est sous embargo. Le fichier vient de quitter votre entreprise, et personne ne l'a décidé.

Ce geste est devenu banal. C'est précisément ce qui le rend dangereux. La bonne question n'est pas « faut-il interdire l'IA », personne ne gagnera cette bataille. C'est « où passent nos fichiers, et qui peut les relire ». Voici la réponse, sans dramatisation ni angélisme.

Le vrai risque n'est pas l'IA. C'est l'IA grand public.

Près de six salariés sur dix utilisent déjà l'IA au travail, le plus souvent de leur propre initiative, et à peine un sur trois dit que son entreprise a une politique claire sur le sujet (KPMG et Université de Melbourne, 2025, 48 000 répondants dans 47 pays). L'écart entre les deux chiffres, c'est exactement la zone où vos assets circulent sans filet.

On appelle ça le shadow AI : l'IA utilisée en dehors de tout cadre validé, souvent depuis un compte personnel. En 2025, une organisation sur cinq déclarait une violation de données liée au shadow AI, d'après le rapport IBM sur le coût des fuites. Et ces incidents-là coûtent plus cher que la moyenne : environ 670 000 dollars de plus par violation dans les organisations où le shadow AI est répandu, avec un taux de vol de propriété intellectuelle nettement supérieur. L'édition 2026 du même rapport enfonce le clou : une violation malveillante sur quatre implique désormais l'IA. Ce n'est pas un risque théorique de RSSI. C'est une ligne dans un bilan.

  • ◆1 sur 5 : organisations ayant subi une violation de données liée au shadow AI en 2025 (IBM)
  • ◆+670 000 $ : de surcoût moyen par violation là où le shadow AI est répandu (IBM, 2025)
  • ◆58 % / 34 % : salariés qui utilisent l'IA au travail, vs salariés dont l'entreprise a une politique claire (KPMG, 2025)

Le point important : le danger ne vient pas de la technologie. Il vient de la porte d'entrée. Le même outil, ChatGPT ou Claude, se comporte de deux façons radicalement différentes selon la version par laquelle vous y accédez. Et presque personne ne fait la différence.

Ce que devient un fichier collé dans un chatbot

Quand vous versez une image ou un document dans la version grand public d'un chatbot, deux choses arrivent. Le fichier est stocké. Et, sauf réglage contraire, il peut nourrir l'entraînement du prochain modèle.

Ce n'est pas une rumeur, c'est écrit dans les conditions. Depuis l'automne 2025, Claude utilise les conversations grand public pour entraîner ses modèles, sauf si vous refusez explicitement, et le réglage proposé à l'écran est activé par défaut. Si vous acceptez, la rétention grimpe jusqu'à cinq ans. Côté OpenAI, les échanges du ChatGPT grand public alimentent aussi l'amélioration des modèles par défaut. La logique est la même partout : le produit gratuit se paie avec vos données.

À l'inverse, les offres professionnelles inversent la règle. Les API, les formules Team, Entreprise et Éducation d'Anthropic, l'API et les offres Business et Entreprise d'OpenAI : toutes s'engagent à ne pas entraîner sur vos entrées ni vos sorties, avec certification SOC 2 et, souvent, une option de rétention zéro. Même marque, même modèle, garanties opposées. Tout se joue dans le contrat que vous n'avez pas lu.

Une photographie de produit qui se désagrège en particules lumineuses aspirées vers un écran dans une pièce sombre, métaphore d'un fichier qui échappe au contrôle
Un fichier versé dans la mauvaise version d'un outil ne revient pas. Concept Digiteyes.

Concrètement, un packaging confidentiel collé dans une appli gratuite peut être conservé, analysé, et en théorie contribuer à un modèle que vos concurrents interrogeront demain. La probabilité qu'il ressorte tel quel est faible. Le problème n'est pas la probabilité. C'est que vous avez perdu la maîtrise, et qu'un accord de confidentialité signé avec vous ne protège plus rien.

Les cinq questions à poser à votre studio ou votre agence

Vous n'avez pas besoin d'être expert en cybersécurité pour évaluer un prestataire. Cinq questions suffisent à séparer ceux qui ont réfléchi au sujet de ceux qui improvisent.

1. Quelle version de l'IA utilisez-vous sur nos fichiers ?

La bonne réponse mentionne des offres entreprise ou des API avec engagement de non-entraînement. Si on vous répond « ChatGPT » sans autre précision, c'est l'appli grand public, et vos assets peuvent servir à entraîner le modèle.

2. Activez-vous la rétention zéro pour nos données ?

Les offres pro permettent souvent de ne conserver aucune trace des fichiers après traitement. Un studio qui connaît ce réglage l'a probablement activé. Un studio qui découvre le terme devant vous ne l'a jamais fait.

3. Votre NDA nomme-t-il les outils IA ?

Un accord de confidentialité écrit avant 2023 ne dit rien de l'IA. Le vôtre doit nommer explicitement ces outils et interdire d'y verser vos assets confidentiels en dehors d'environnements validés. Sinon, il protège un monde qui n'existe plus.

4. À quel moment l'IA intervient-elle ?

En exploration, en amont, sur des pistes qui ne contiennent pas encore votre secret ? Ou directement sur le livrable, avec vos vrais fichiers ? Les deux réponses n'engagent pas le même niveau de risque, ni la même qualité finale.

5. Nos fichiers sortent-ils de votre pipeline ?

Un studio maîtrise sa chaîne quand vos assets restent sur ses machines et ses environnements contrôlés, du premier fichier au master. Dès qu'un fichier part vers un outil grand public, la chaîne est rompue, et votre NDA avec.

Un studio incapable de vous dire dans quelle version de l'IA passent vos fichiers ne devrait pas les recevoir.
Une main dans un gant noir dépose un flacon générique dans une valise de transport noire à mousse découpée, sous éclairage de studio, image d'un pipeline créatif maîtrisé
Un asset qui ne quitte jamais le pipeline reste un asset protégé. Concept Digiteyes.

Le piège juridique : une image 100 % IA ne vous appartient pas

Il y a un second risque, moins connu, et il touche à la propriété. Une image générée entièrement par IA, à partir d'un simple prompt, n'est pas protégeable par le droit d'auteur. Ce n'est pas une opinion : en janvier 2025, l'Office américain du copyright l'a confirmé, et en mars 2025 la cour d'appel fédérale de Washington a tranché dans le même sens, une décision devenue définitive quand la Cour suprême a refusé d'examiner l'affaire en mars 2026. Sans contribution humaine substantielle, pas d'auteur, donc pas de droit exclusif.

Traduit pour une marque, cela veut dire qu'un visuel clé produit « tout IA » tombe dans une zone grise dangereuse. Vous ne pouvez pas vraiment le revendiquer comme vôtre. Vos concurrents pourraient s'en approcher sans que vous ayez de recours. Ajoutez que la plupart des plateformes limitent l'usage commercial de leurs sorties dans leurs conditions, et que ces sorties peuvent ressembler à des œuvres protégées vues à l'entraînement. Un même visuel peut donc être à la fois impossible à posséder et risqué à exploiter.

C'est l'une des raisons pour lesquelles, chez nous, le livrable final n'est jamais une image brute de générateur. Il est fabriqué en 3D et en compositing, par des artistes, à partir d'assets que vous possédez pleinement. Ce n'est pas une posture. C'est ce qui vous permet de déposer, de décliner et de défendre votre campagne.

Comment Digiteyes traite vos assets

Notre règle tient en une phrase : l'IA vit en amont, jamais sur le livrable final, et jamais sur vos fichiers confidentiels dans un outil ouvert.

En pré-production, nous utilisons l'IA pour explorer : moodboards, ambiances lumineuses, pré-visualisations, univers de marque. Cette phase travaille sur des pistes et des références, pas sur votre packaging sous embargo. Quand un projet impose de manipuler des données sensibles, cela se fait dans des environnements professionnels qui ne s'entraînent pas sur nos données, avec rétention réduite au strict nécessaire. Vos fichiers restent sur notre pipeline, du brief au master.

Le livrable, lui, est modélisé, animé et composité à la main. Vous récupérez un asset 3D que vous possédez, propre juridiquement, réutilisable pendant des années.

Deux écrans côte à côte sur un bureau de studio : à gauche une grille d'explorations d'un flacon, à droite le rendu 3D fini du même flacon dans un logiciel de production
L'IA défriche l'intention. La 3D fabrique la preuve, et le droit qui va avec. Concept Digiteyes.

Et le cadre européen dans tout ça ?

Pour une marque européenne, deux textes se superposent. Le RGPD, d'abord : dès qu'un asset contient des données personnelles, vous êtes responsable de traitement, l'outil n'est qu'un sous-traitant, et il faut un accord écrit plus une vraie minimisation des données. L'AI Act ensuite, applicable par étapes depuis 2025, dont les obligations de transparence sur les contenus générés (article 50) s'appliquent depuis le 2 août 2026. Un partenaire sérieux travaille déjà dans ce cadre. Le lui demander, c'est un bon test de maturité.

Questions fréquentes

  • ◆Est-ce dangereux d'utiliser l'IA sur un projet de marque confidentiel ? Le danger ne vient pas de l'IA en soi, mais de la version utilisée. Un fichier versé dans une appli grand public gratuite peut être conservé et servir à entraîner le modèle. La même tâche menée dans une offre entreprise ou une API, avec engagement de non-entraînement et rétention zéro, ne présente pas ce risque. Tout dépend du cadre.
  • ◆Mes fichiers servent-ils à entraîner l'IA ? Dans les versions grand public de ChatGPT et de Claude, par défaut oui, sauf réglage contraire de votre part. Depuis l'automne 2025, Claude entraîne sur les conversations grand public sauf refus explicite, avec une rétention pouvant aller jusqu'à cinq ans. Les API et offres entreprise s'engagent, elles, à ne pas entraîner sur vos données.
  • ◆Comment savoir si un prestataire protège mes assets ? Posez-lui cinq questions : quelle version de l'IA il utilise, s'il active la rétention zéro, si son NDA nomme les outils IA, à quel moment l'IA intervient, et si vos fichiers sortent de son pipeline. Des réponses précises indiquent un studio qui a cadré le sujet. Des réponses vagues sont une réponse en soi.
  • ◆Une image générée par IA peut-elle m'appartenir ? Une image produite entièrement par IA à partir d'un prompt n'est pas protégeable par le droit d'auteur, comme l'ont confirmé l'Office américain du copyright et la justice fédérale en 2025, puis le refus de la Cour suprême de rouvrir la question en 2026. Seule une contribution humaine substantielle ouvre une protection, et uniquement sur la part humaine. Pour un visuel de marque destiné à être déposé et défendu, un livrable fabriqué en 3D par des artistes est plus sûr.
  • ◆L'IA de Digiteyes touche-t-elle au livrable final ? Non. L'IA intervient en pré-production, pour explorer des intentions et des ambiances, sur des pistes non confidentielles. Le livrable final est modélisé, animé et composité à la main, à partir d'assets que vous possédez. Vos fichiers sensibles restent sur notre pipeline et dans des environnements qui ne s'entraînent pas sur vos données.

Un doute sur la confidentialité de votre projet ?

Digiteyes conçoit de la CGI et des VFX premium pour les marques et les agences exigeantes, sous NDA, de l'idée au master. Dites-nous votre contexte et vos contraintes de confidentialité, nous vous expliquons précisément comment vos assets sont traités : contact@digiteyes.fr.

Sources

  • ◆IBM · Cost of a Data Breach Report 2025 (éditions 2025 et 2026 : shadow AI, surcoût de 670 000 $, part des violations)
  • ◆IBM Newsroom · 97 % des organisations touchées manquaient de contrôles d'accès IA (gouvernance et accès)
  • ◆KPMG et Université de Melbourne · Trust, attitudes and use of AI (2025) (usage de l'IA par les salariés, part des salariés dont l'entreprise a une politique)
  • ◆Protecto · OpenAI, Claude, Perplexity : la confidentialité comparée (entraînement grand public vs entreprise, rétention)
  • ◆U.S. Copyright Office · Copyright and Artificial Intelligence (non-protégeabilité des sorties 100 % IA, janvier 2025)
  • ◆Congressional Research Service · Generative AI and Copyright Law (décision d'appel, mars 2025)
  • ◆Trilateral Research · Génération d'images, RGPD et AI Act (cadre européen, responsable de traitement)
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